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Le carnet du nouveau voyage de David et Emilie pour suivre leurs tribulations et la réalisation de leur prochain film au Pérou pendant les 100 jours que va durer le tournage.
Pour celles et ceux qui n'auraient pas suivi l'histoire sur Facebook, nous nous sommes faits volés notre caméra dans une rue de Cusco samedi soir dernier. Un triste événement qui est lourd de conséquences : la première étant bien sûr que le tournage du film est interrompu. La seconde étant que la tenue du blog l'est également. En effet nous ne disposions que du câble de notre caméra pour transférer les images vers le blog. Sans elle, impossible d'insérer des images dans les billets. Or c'est ce qui en faisait surtout la richesse. Nous sommes donc au regret de vous annoncer que le blog n'ira pas plus loin que là. En revanche, pour continuer de suivre les brèves nouvelles du voyage d'ici à notre retour le 3 décembre, vous pouvez vous inscrire sur la page Dav'entures, sur Facebook. En voici le lien : http://www.facebook.com/home.php?#!/pages/Daventures/102976399763787
On fait partie du groupe de 7h pour le Wayna Picchu. Il y en a un autre à 10h. Il faut savoir que pas plus de 400 personnes par jour ne sont autorisées à monter au sommet. Les premiers arrivés sur le site sont donc les premiers servis. Et hors de question de rater cette excursion qui est probablement le clou d'une visite au Macchu Picchu. Le Wayna Picchu, c'est ce petit pic qu'on voit toujours derrière les photos du site. Un extraordinaire et impressionnant escalier en défend le sommet, qui vaut bien des sueurs froides à bon nombre de visiteurs ! Il faut dire que les Incas n'ont pas fait dans la dentelle pour arriver là-haut ! Il n'en reste pas moins que, malgré l'effort physique de cette montée, la vue au sommet est grandiose et est à l'origine de souvenirs indélébiles. Quel sentiment de plénitude nous emplit l'esprit une fois arrivés ! Mimi est aux anges : on sait qu'on vit l'un des moments très forts de ce voyage.

Enregistrement des visiteurs au guichet du Wayna Picchu

La vue se dégage sur les montagnes et les cordillères enneigées

Pause dans des escaliers incas très raides
Il est presque 10h30 lorsqu'on redescend du Wayna et déjà la chaleur est en train de cuire l'ensemble du site. Comme on est très respectueux du règlement, on n'a amené ni eau, ni provisions, puisque c'est interdit. Du moins en théorie car on doit bien être les seuls ! Et ça nous vaut une sévère déshydratation. Encore heureux que des touristes québecois très sympas et rencontrés au Wayna nous dépannent aimablement ! On les en remercie encore et on se doute qu'ils se reconnaîtront en nous lisant ! Le flot de visiteurs se fait à chaque minute plus nombreux. Les groupes se suivent indéfiniment avec leurs guides sur les différents lieux du site. Voilà bientôt six heures qu'on arpente le Macchu Picchu. La faim, la soif et la fatigue nous convaincent de redescendre.

Vue globale sur Macchu Picchu, du sommet du Wayna Picchu

J'aime bien cette photo ! Elle va finir sur mon profil Facebook je crois !

A gauche, ce sont les lacets de la piste empruntée par les minibus montant les touristes
On zappe la cafétéria à l'extérieur de l'enceinte où des hamburgers à 22 soles côtoient des jus de fruits à 9 ! Du n'importe quoi ! La descente achève tout le monde et, de retour à Agua Calientes, on craque malgré le prix sur une bouteille de Fanta de 2,5 litres qu'on descend en quelques minutes à trois ! On est couvert de la poussière des bus et plutôt pressés de prendre notre douche. J'y vais le premier car Mimi et Antoine se sont endormis direct une fois dans leurs lits ! Je vaque ainsi à mes occupations jusqu'au soir. Comme d'habitude c'est la quête du resto à pas cher. On le trouve mais les portions congrues nous laissent sur notre faim. Décidément ces lieux touristiques sont une horreur pour les voyageurs au budget serré comme le nôtre. On ne demande ensuite pas notre reste pour nous endormir, malgré l'absence de fenêtre !

Emilie et Antoine sur les rochets sommitaux du Wayna Picchu

Dans la descente, faut bien rester concentrée !

Bains de poussière à répétition avec le passage en trombe des minibus
Le lendemain il reste encore le retour à effectuer jusqu'à Urubamba. La marche est une formalité plutôt plaisante jusqu'à l'usine hydro-électrique. Sur place, la chance nous sourit puisqu'on trouve un minibus qui accepte de nous faire payer le même prix qu'à l'aller, soit 25 soles par personne pour aller jusqu'à notre village et le tout sans être obligé de changer à Santa Maria. Bien sauf qu'il faut commencer par attendre près de 13h qu'il se remplisse et qu'ensuite les travaux sur la route vont perturber l'horaire. Comme en 2007, la voie est fermée jusqu'à 18h, obligeant camions, bus et taxis à attendre indéfiniment. Une attente interminable d'autant qu'on voyage avec un troupeau d'espagnols pénibles et des moustiques affamés. On repart à la nuit et là c'est la course, dans la poussière, le brouillard et le chaos. Heureusement notre chauffeur est d'une prudence exemplaire pour un péruvien et, même si c'est long, on se sent en sécurité. On arrive à Urubamba le ventre vide à 21h. Antoine, lui, poursuit jusqu'à Cusco. Bonne route à toi et on espère te revoir en France ! Nous, c'est direction la boulangerie puis le lit ! Ces trois jours auront vraiment été sacrément chargés ! ( à suivre... )

Photo souvenir avec Antoine qui bouclera un tour du monde en huit mois en octobre

En attendant que la route rouvre...

Je connais quelques moustiques et puces qui se sont régalés sur cette guibole !

Ha ! Enfin on retrouve nos petits déjeuners favoris après trois jours de diète !
Lundi. C'est le grand jour. Sans aucune information sur les disponibilités et les prix des bus, on se rend au bureau des transports Ampay où le même sombre idiot que la première fois nous assène que le prix est toujours de 25 soles pour se rendre à Santa Maria. Ça commence à bien faire cette histoire... On décide de monter en combi jusqu'au village suivant, Ollantaytambo, pour trouver n'importe quel véhicule partant dans cette direction. Des taxis isolés tentent bien de nous aguicher, mais à 50 soles par tête, on leur dit que c'est pas possible. Finalement le bus de 11h passe. C'est la ruée générale dessus. Il a l'air plein, tant pis. On est déjà prêt à voyager debout quand le chauffeur nous fait arrêter au niveau de la cabine en nous disant de nous y asseoir. Trop bien ! On va voyager devant, assis sur un coussin, à pouvoir profiter des paysages spectaculaires de la cordillère des Andes et tout ça au final pour la modique somme de 15 soles ! C'était donc bien une arnaque cette histoire des 25 soles...

Et c'est reparti pour 2h30 de marche sur la voie ferrée !

Toujours ces étranges et superbes plantes tropicales

Le pont n'a pas changé en trois ans !
Le bus emprunte une longue route qui monte à travers la montagne jusqu'à un col situé à 4200m, bordé de sommets glaciaires gigantesques culminant à plus de 6000m. Puis c'est une longue, très longue, descente vers la jungle s'étalant sur les contreforts orientaux des Andes. Moiteur, moustiques et pistes chaotiques et poussiéreuses sont au programme jusqu'à Santa Maria, un bled perdu où il est possible de faire la jonction vers Santa Teresa, un autre village reculé que nous devons atteindre en collectivo. Après avoir négocié un tarif de groupe, c'est reparti pour de la piste tortueuse au-dessus des ravins de l'Urubamba. Le terminus, c'est l'usine hydro-électrique à partir de laquelle il va falloir marcher le long de la voie ferrée pendant deux heures. On fait le chemin avec Antoine, un jeune français d'origine vietnamienne bien sympa. Un sentier a été réhabilité depuis 2007, ce qui permet de marcher plus confortablement et plus vite.

Hou qu'elle est contente la Mimi : elle a SON billet pour Macchu Picchu !

Dans la file d'attente de l'entrée : ceux qui essaient de tricher sont vite rappelés
à l'ordre : ils n'avaient qu'à mériter leur place à la sueur de leur front !

Une photo souvenir bien plus belle et inoubliable que celle des pyramides d'Egypte
On arrive à Agua Calientes un peu avant la tombée de la nuit. Quelques gouttes commencent à tomber du ciel tandis qu'on sort de la centrale d'achat des billets pour le Macchu Picchu. Prix unitaire pour un adulte étranger : 126 soles. Je dirige notre petit groupe vers le haut du village, en direction de l'hôtel où on avait dormi avec Dooby. Les prix ont augmenté : pour 15 soles par personne on a une chambre sans salle de bain et sans fenêtre. J'en fait la remarque à la gérante : ça n'a pas l'air de la perturber ! En fait tout a augmenté ici, c'est de la folie. Les prix ont été multiplié par deux ou trois depuis trois ans et ça va encore nous poser des problèmes pour manger. A titre d'exemple, la part de gâteau payée 2,5 soles à Urubamba fait ici 10 soles !

On a beau connaître l'endroit, c'est toujours aussi magnifique

C'est parti pour remplir les cartes mémoires de l'appareil photo !

Les ruines superbement entretenues
Le lendemain, lever à 3h30 et départ à la frontale vers l'entrée du Macchu Picchu. Il y a déjà du monde qui attend près du pont jeté au-dessus de l'Urubamba et c'est une file de plus de 60 personnes qui se met à grimper les raides escaliers incas. Mimi ne lâche rien et monte super bien pour ne pas perdre sa place. On arrive dans les trente premiers, super ! Le site ouvre à 6h et l'émotion est toujours la même en y entrant. C'est une Mimi avec les larmes aux yeux qui pénètre dans la quiétude du matin à l'intérieur des murs de la première des merveilles du monde. A cette heure, autant le dire, c'est magique ! On profite de l'instant pour explorer une petite partie de l'endroit avant de se diriger vers le départ de l'ascension vers le Wayna Picchu. ( à suivre... )

Une petite pitrerie au milieu des cahutes

Spéciale dédicace à Dooby : on peut boire du yaourt liquide sans tomber malade !

Les lamas aussi aiment bien les gratte-gratte !

Paysannes des environs d'Urubamba venues vendre leurs denrées

Une véritable mamita péruvienne !

Petite fille préparant des papas rellenas
En ce jour très particulier au Pérou qu'est le jour des élections, notre programme s'est essentiellement concentré à la ville d'Urubamba. Après avoir dormi un peu plus longtemps qu'habituellement, direction le marché où j'avais envie de faire un peu de portraits et de photographies des péruviens dans leurs activités quotidiennes. Pas vraiment évident à faire car on a toujours l'impression de déranger quand on est blanc et qu'on débarque avec notre appareil photo dans ces lieux réservés à la vie des seuls habitants. On en profite pour manger sur le pouce et boire des chichas moradas bien fraîches. A 50 centimes les deux verres, on aurait tort de se priver.

Villageoises descendue de la montagne pour le marché et les elections

Un vendeur de jus de fruits

Une mamie qui fait drôlement peur !

Observez la forme des chapeaux dans cette région du Pérou
L'après-midi, Mimi reste à l'hôtel pour se reposer après ces derniers jours de marche plutôt intenses. De mon côté, je m'évade au-dessus de la ville avec l'ambition de grimper jusqu'au sommet le plus haut accessible à pied. Une bonne mission qui va m'occuper 5 heures le temps d'arriver là-haut et de redescendre avant la nuit. Je progresse à un bon rythme, freiné seulement vers la fin par l'altitude. J'attendais des lumières flamboyantes en fin de journée : je serai loin du compte ! Le sommet est bien défendu par des antécimes fatiguantes et j'ai à peine le temps d'arriver qu'il faut vite redescendre pour arriver en bas avant la nuit noire. C'est reparti pour 1200m de dénivelé en sens inverse.

La ville d'Urubamba

Le début de mon itinéraire avec le parcours d'arête évident

Vision globale du Chicon, montagne phare d'Urubamba
Je ne passe même pas par la case douche tellement j'ai la dalle. Ça finit évidemment à notre petit resto, puis à la boulangerie où je m'avale non pas deux, mais trois desserts ! Trop faim ! La douche vient ensuite, puis on prépare les sacs pour demain. En effet c'est lundi et c'est le jour où on doit partir pour Agua Calientes et Macchu Picchu. Sauf qu'on ne sait toujours pas s'il y a des bus, s'ils sont pleins et à quel prix ils seront. La nuit est un peu agitée : le parti politique APU remporte les élections et une fois le résultat validé, tout le monde se précipite dans la rue pour un concert et un défilé improvisés qui se poursuivront bien tard. ( à suivre... )

Autre grandiose sommet des Andes aperçu au détour d'un col

Détail du sommet et du glacier du Chicon

Je n'irai pas plus loin ce soir : le soleil se couche déjà !

Une dernière vision du soleil disparaissant avant de revenir à Urubamba
Qu'est-ce que j'ai bien dormi moi cette nuit ! Hier soir, on est retourné d'abord dans le petit resto en passe de devenir notre lieu de dîner attitré avant de passer par la case boulangerie pour savourer de succulents desserts très économiques. Imaginez une énorme part de forêt noire à environ 80 centimes : ça fait rêver ! On a donc déniché les bons coins pour ne pas mourir de faim et on y retourne évidemment ce soir ! Sinon, cette journée vous demanderez-nous ? Eh bien elle a commencé plus tard que d'habitude car on s'est réveillé sous la pluie. On a d'ailleurs bien cru que ça allait durer la journée tellement c'était bouché. Mais ici le temps est surprenant et tout s'est dégagé vers 10 heures en quelques minutes pour à nouveau laisser la place au soleil. Petit-déj et repas du midi dans le sac, on reprend le même bus qu'hier pour un second round.

Sur le bon sentier s'élevant au-dessus de la vallée

Le tronc massif et torturé d'un Unca

Attention où on met les pieds comme les mains !
Ce coup-ci je veille bien à tourner à droite, puis à gauche. Le chemin est rapidement plus agréable que la veille, s'engageant au-dessus d'une vallée très typée montagne. On se croirait presque à la maison dites ! A la différence de cette incroyable forêt d'altitude qui se multiplie de part et d'autre du torrent cascadant dans le fond du thalweg. Très vite la chaleur nous fait avancer plus lentement. On doit aussi veiller à ne pas s'arrêter trop longtemps, autrement on se fait immédiatement bouffer par de tout petits moustiques noirs qui laissent de vilaines traces sur nos guibolles. Dooby saura bien desquels je parle : on les a rencontrés en 2007 lors du trek de Santa Cruz.

Mimi qui n'arrive plus à lâcher le Pentax désormais !

Espèce de papillon locale

Les troncs très caractéristiques des quenuales
Les premiers quenuales font leur apparition aux alentours de 3600m d'altitude. Des arbres endémiques aux Andes, les seuls capables de pousser à si haute altitude au monde. Leur allure est assez originale avec ce tronc qui semble peler indéfiniment. Plus ils sont vieux, plus cette peluche végétale prend de l'importance. On passe un bon moment à les étudier sous toutes les coutures et à réaliser des images. On n'aura pas assez de temp pour pousser jusqu'au village de Mantayna d'où descendent régulièrement des paysans en tenue traditionnelle se rendant à Urubamba pour le élections de demain.

Dav au coeur de cette forêt d'altitude primaire

Un spécimen de la forêt de quenuales

Spores de fougères découverts en hauteur, planqués contre un arbre

Petite Mimi contre grand quenual !
La descente est assez longue et on use nos semelles pendant plus d'une heure jusqu'à la route. Cette fois pas de collectivo : un jeune propose à tous ceux qui attendent à l'arrêt de bus de les amener à Urubamba, moyennant le même prix que les transports publics. Plutôt sympa et on ne refuse pas l'offre ! A l'heure où je tape ce billet, Mimi et moi avons déjà l'estomac qui tressaille et on ne tardera donc pas à aller s'enfiler notre pollo saltado quotidien ! La douche attendra le dîner. Demain c'est dimanche et ce sont les élections. On est prêt à tout ! Hasta luego la France !

Ça me rappelle un plan de Predator cette image, pas vous ?

Session photo artistique pour le futur livre du voyage

Dernières lueurs du jour sur les montagnes de la Vallée Sacrée

Les teintes sanguines des montagnes de la Vallée Sacrée surmontées
par un ciel d'orage
Toujours au départ d'Urubamba, nous avions programmé ce matin une excursion à la journée dans l'une des vallées voisines en vue de découvrir un site où poussent en abondance des quenuales, un arbre endémique des Andes et probablement le seul au monde à être capable de pousser à ces altitudes extrêmes. Après un passage obligé par "notre" boulangerie, on se rend au terminal pour y acheter nos sandwiches et prendre notre combi. C'est marrant parce qu'on commence à être un peu connu par quelques commerçants chez qui on se rend régulièrement. Le voyage est court, à peine dix kilomètres, et le chauffeur nous dépose comme je lui ai demandé dans le village de Yanahuara.

Dav au boulot et à la réalisation de plans de détail de la végétation

Le chemin que l'on a suivi : ça se voit pas mais ça monte !

Mimi en train de compter ses piqûres de puces
De là démarre une piste censée nous conduire au terme de 1200m de dénivelé vers la fameuse forêt. Au départ c'est une piste peu intéressante, poussiéreuse, qui passe entre les habitations. Premier carrefour, je file sans hésiter à gauche, puis plus loin à droite, conformément aux indications du bouquin. La piste se met à remonter plus violemment et la chaleur est plus insistante. Des nuées de minuscules moucherons nous harcèlent. Mimi n'est pas loin de péter un câble... Il y a pas mal de crottes de mulets sur le chemin et je suis à deux doigts de marcher dans l'une lorsque je me fige : ce n'est pas du tout une crotte de mulet mais une mygale, là, en train de sécher au soleil. La bestiole est en effet raide morte ! Merde alors, ma première mygale du voyage ! Mimi la contourne horrifiée.

P'tain une mygale ! J'aurais jamais pensé en trouver ici, en montagne !
( j'imagine déjà la tête de ma maman en train de faire "bah quelle horreur"!)

Plus jolie que les araignées cette fleur qui
pend d'un arbre inconnu

Un petit effet pour mettre en valeur cette autre très belle fleur jaune
Plus haut on atteint quelques maisons isolées. Un homme passe avec son chargement et nous demande gentiment où on va. "A Pukara", lui dis-je avec assurance, "voir les quenuales". "Mais Pukara est de l'autre côté de la montagne", me répond-il. "Et il n'y a pas de quenuales de celui-ci". Je tombe des nues : je me suis gouré de chemin ! Je ressors le guide : il y avait bien écrit "prendre à droite, puis à gauche" et moi j'ai fait l'inverse ! Quel con ! Mimi qui n'a pas compris la conversation me demande ce qui se passe. Quand elle entend qu'on est monté pour que dalle jusqu'ici elle explose de rire. Ma bourde aura finalement permis de détendre l'atmosphère !

Mimi dans l'effort de l'ascension : monter à la Croix de Chamrousse cet
hiver sera une formalité après ce voyage !

Ambiance chlorophylle aujourd'hui

Cliché de Mimi que je trouve très original et qui met bien en valeur
l'écorce sanguine de cet arbre singulier

Encore des plantes étranges... Il suffit de se pencher pour découvrir des
espèces florales inconnues à la maison
Du coup on poursuit sur notre lancée pendant encore quelques centaines de mètres. On profite d'un petit bout d'herbe pour déjeuner puis on passe une partie de l'après-midi à faire des images dédiée à la flore avant de redescendre par le même chemin. Mimi voit et entend des araignées partout depuis l'épisode la mygale ! "David y'a une bête !", me souffle-t-elle dès qu'une branche se met à bouger. La plupart du temps ce ne sont que les vaches locales ! Du coup retour prématuré à Urubamba où on en profite pour prendre une bonne douche et pour amener quelques affaires à laver. L'orage est encore là ce soir de toute façon. On retentera notre chance avec les quenuales demain en veillant bien, cette fois, à prendre à droite, puis à gauche !

Encore un effet différent de flouté pour adoucir le cliché

Il est content Dav, il s'est bien planté sur ce coup-là !

Mimi jouant les équilibristes pour photographier les fleurs

La porte Sol y Luna à Maras : l'une des plus belles

La vie au Pérou, assis sur un banc de la Plaza de Armas à attendre
que ça se passe

Mimi devant l'une de ces fameuses broméliacées qui,
en fleur, peut atteindre une dizaine de mètres
Loin d'être un mauvais choix, notre décision de déménager à Urubamba, où les loyers sont plus abordables, nous facilite la vie autant que le porte-monnaie. On n'est en effet qu'à quelques minutes en combis des principaux sites qu'on souhaite visiter. On évite ainsi des temps de transport plus longs depuis Cusco. Ainsi, on dort plus longtemps le matin et on est moins speed pour rentrer le soir. Ce matin toutefois, avant de partir, on décide de changer d'hôtel car, bien que le papy soit très gentil, la propreté laisse à désirer. J'ai découvert de nouvelles piqûres de puces sur ma guibolle au réveil. On trouve pas trop loin un autre hôtel, très agréable et mignon, tenu par un père et sa fille, et à première vue au niveau d'hygiène plus haut !

Le creux du vallon qui alimente les salines. Tout au-dessus, invisible,
se trouve le village de Maras

Voilà une vache qui ne risquera plus de brouter de l'herbe...
Départ ensuite pour le petit terminal du village où on prend le soin de mettre de l'eau et des hamburgers dans le sac à dos. S'ensuit un voyage assez court jusqu'à Maras, un petit village assoupi et peu avenant où se découvrent néanmoins quelques très anciens portails datant du 16ème siècle, époque où les colons espagnols ont tenté de faire disparaître les icônes païennes des habitants en les remplaçant par leurs propres images catholiques et royales. S'ensuit une marche pas trop longue à travers des pampas vallonnées et cultivées, que bordent de grandes broméliacées. Les nuages montent tout autour de nous. Comme hier, les sommets se couvrent très rapidement tandis que le vent se lève, de plus en plus violent. Ça finirait en orage aujourd'hui que ça m'étonnerait pas...

Un tout petit bout des salines. Vous pourrez voir l'intégralité du site
dans le film

Travailleurs à pied d'oeuvre - et à pied tout court - dans les bassins salants
Nous faisons ensuite notre entrée dans les salines. Etrangement, aucun poste de contrôle et rien à payer... Je pensais que le lieu était un site peu couru par les touristes : je me trompais ! Taxis et bus privés lâchent régulièrement des troupeaux de visiteurs qui se contentent de prendre quelques photos près des boutiques de souvenirs sans s'aventurer dans les salines. Nous on tente le coup. On arrive à approcher un groupe de travailleurs mais l'un d'eux, alors que je lui explique que je souhaite faire quelques images me réclame sans tarder 50 soles de dû. Houla ! Marche arrière ! On traversera bien les salines mais en restant en hauteur, sans trop se faire remarquer, d'autant que le type m'apprend qu'il y a bien une taxe d'entrée de 5 soles à régler. Je me demande comment on a réussi à passer au travers...

Après avoir ratissé le sel, on le met dans une vasque pour en faire des tas

Des porteurs font des aller-retours avec des sacs de 60 kilos sur les épaules
Le site est fascinant, pas vraiment beau mais néanmoins insolite. Des dizaines d'hommes et de femmes y passent leurs journées courbés en deux, à racler le sel pour le mettre dans des sacs de 60 kilos qui sont portés à dos d'homme jusqu'aux baraquements où ils sont ensuite pesés, avant de partir en camion vers Cusco. Un labeur assez effrayant d'autant que la plupart pataugent pieds nus dans les bassins de sel. L'endroit a pourtant été transformé en attraction touristique, avec boutiques de souvenirs et tout le toutim. On sera les seuls touristes à traverser intégralement les salines, retrouvant du côté opposé le chemin qui descend vers la vallée de l'Urubamba où il nous suffira de héler un véhicule sur le bord de la route pour rentrer.

Un autre travailleur avec son rateau rudimentaire en main. Parfois ce n'est
qu'un simple morceau de bois plat.

Les reporters d'Arrêt sur Visages en action !
Ce soir y aura-t-il comme hier soir une grosse soirée électorale ? Si les élections ne font pas nos affaires, on a néanmoins décidé de les prendre avec philosophie et de profiter de cette occasion pour assister à quelque chose d'unique, au regard de la ferveur que mettent les péruviens dans cette entreprise. Le sujet est donc parfait pour réaliser des images et on décide de l'inclure dans le film. Ça tombe bien puisque hier soir ça a été une grosse fiesta : arrivée du candidat sur les épaules de la foule, discours dythirambique, liesse populaire, costumes, feu d'artifice et concert. Et nous, uniques blancs dans la marée humaine, on a eu la chance de filmer tout ça ! Que nous réserve alors le pays pour dimanche, jour J ? On vous le dira bien assez tôt !

Petit chico dans les bras de sa mama, très curieux après ce grand
gringo qui se tient derrière lui avec sa caméra bizarre...

Là c'est parti pour la fiesta ! On a du mal à imaginer que tout ce show est
dédié à des élections municipales et régionales !

On a même eu droit à un concert sympa et rythmé ! Un bémol cependant : les
réglages du son, qui m'ont assassiné les tympans !
On est un poil fourbu en arrivant à Cusco. Fourbus et affamés. Mimi se jette sur le premier burger venu pendant que je gère le taxi. Je suis plutôt content de revenir ici et indique au chauffeur la direction de l'hospedaje de Carlos, Samana Pata, où nous avions passé de si bons moments avec Dooby, il y a trois ans. Je retrouve le chemin instantanément, comme si c'était hier. Pourtant, arrivés devant la porte, le doute s'installe. Ce n'est plus le même nom et la configuration des lieux a changé. Je rentre. C'est une femme inconnue qui m'accueille en me disant qu'ils sont complets. Je demande après Carlos et sa femme, Ija. "Ils ne travaillent plus ici", me dit la jeune fille. Consternation et déception : plus de Carlos. Et du coup, obligation de se trouver un hôtel pas cher à Cusco, le soir... On aura cependant de la chance : au hasard, on rentre dans un 2 étoiles un peu classe où le gars nous fait une offre appréciable : la chambre double avec salle de bains à 30 soles la première nuit, puis 20 la suivante. Vendu !

Premier soir à Cusco, devant la fontaine qui change de couleurs

Le mur où se trouve la fameuse pierre à 12 angles

Vue partielle du centre historique de Cusco
Le ventre aux abois, on file manger. Je tente une pizzeria sans trop y croire. Les prix de la carte nous font dresser les cheveux sur la tête. Un MacDo s'est ouvert sur la Plaza de Armas mais le prix d'un menu basique est également effroyable. Je me dis qu'il reste la polleria où on allait manger avec Doob après nos sorties nocturnes. Bah non ! Elle a disparu elle aussi ! Merde alors, mais qu'est-ce qui s'est passé à Cusco depuis trois ans ? On échoue dans la rue des rabatteurs où je négocie un menu à 8 soles. Ce sera bon, sans plus, et surtout pas en quantité. Et puis ils se rattrapent sur les boissons qui coûtent un oeil... Dans la rue, très difficile de trouver les vendeurs ambulants comme dans le reste du Pérou. Tout semble avoir été aseptisé pour la "tranquillité" des touristes. Des policiers circulent de partout... Je ne reconnais plus le Cusco que j'ai aimé.

A Cusco, vous avez intérêt à aimer monter des escaliers

Dans les petites ruelles en pente du quartier de San Blas

L'église de la Compania derrière les arbres des pelouses de la Plaza de Armas
Le lendemain, longue promenade à travers les rues de la ville tout en réglant de petites affaires logistiques. L'heure est au tournage des séquences du film dans la ville. Rebelote comme hier pour trouver où manger pas cher. Rarement aura-t-on galéré pour régler la question de la bouffe... Le soir venu on demande à l'hôtel si demain il peut nous faire le même prix d'amis. La réponse est oui mais il y a un bémol : il nous explique qu'on devra partir le jour suivant car, soit-disant, l'hôtel ferme pour "check-out". On n'y croit pas un seul instant à cette histoire. Le hic c'est que c'est précisément ce jour-là qu'on devait partir pour Macchu Picchu et qu'on a besoin d'une base pour garder nos affaires.

Belle ambiance dans les ruelles de Cusco

Une partie de la Plaza de Armas by night

Cusco et les quartiers populaires qui partent à l'assaut des collines, de nuit
On réfléchit à la question le temps du dîner, passé dans une pizzeria où on dilapide le peu qu'on a réussi à épargner aujourd'hui. C'est horrible comme c'est cher et, le pire, c'est que j'ai encore faim après. Depuis le début je n'arrive pas à manger à ma faim sans que ça nous coûte cher et ça m'énerve. On part ensuite à la recherche d'un hôtel pouvant nous accueillir demain. Près de deux heures à travers la ville, à écumer tous les établissements. La réponse est chaque fois la même : rien à moins de 25 soles par personne. De la folie. Même les hospedajes pour backpackers sont à ce tarif... Il y en a même eu qui ont rigolé quand je leur ai dit que je cherchais pour 10 soles par personnes. Il fait mauvais être pauvre à Cusco et on le comprend vite. Nous voici mis à la porte d'une ville où les prix ont flambé en trois ans. La seule solution : la quitter pour trouver un logement dans un petit village de la vallée sacrée. Ce sera donc Urubamba où nous nous rendrons demain.

Emilie sur un des nombreux bancs de la Plaza, pendant une séquence vidéo

Superbe coucher de soleil, assez orageux, sur Cusco et ses bâtiments

Le site illuminé de Q'orichanka, en plein centre-ville
Encouragé par les propositions d'itinéraires alternatifs découvertes dans le livre de Vincent Geus que m'a aimablement prêté Grégoire, je motive Emilie à faire une halte sur le chemin de Cusco pour aller à la découverte du canyon de Tinaranji, cité "facilement accessible et à 15 km" du village d'Ayaviri, à environ 180 kilomètres de Puno. S'y rendre est un jeu d'enfants : en deux coups de collectivos, avec une escale à Juliaca, nous atterrissons dans ce village désert pour seulement six soles chacun. La première impression n'est guère bonne : tout semble mort autour de nous, dans cette énorme plaine chauffée à blanc et entourée de montagnes pelées et lointaines. Le livre parle d'une capitale de l'élevage et pourtant il n'y a pas un seul troupeau en vue... Dans le bus, les gens avaient ri quand on leur avait dit qu'on se rendait à Ayaviri. On aurait dû en tenir compte...

A la recherche d'un certain Lucio Carbagal... Pas foule dans la rue...
Le premier hôtel visité nous accueille froidement et nous propose un taudis en guise de chambre : on refuse. On a plus de chance avec le second, mignon et bien entretenu, pour 20 soles. Ça se présente plutôt bien et on part ensuite manger. A peine dans la rue, tous les regards se posent sur nous. Mais pas des regards souriants et bienveillants. Soit on nous dévisage avec hauteur et mépris, soit on nous regarde en biais pour rigoler ensuite sous cape. Partout où on passe, on subit ce genre de réactions désagréables. En plus on est dimanche et tout est fermé : impossible de manger correctement. C'est donc avec trois fois rien dans le bide qu'on se met en quête du type indiqué dans le livre pour servir de guide.

Un air de désolation plane sur Ayaviri

Devant les portes closes des commerces le dimanche
"A l'angle de Cahuide et de Benavides, demandez Lucio Carbagal" : voilà ce qui est écrit dans le livre. L'angle en question est à l'autre extrémité de la ville, là où le désert et les maisons pouilleuses reprennent leurs droits. Et de toute façon tout est fermé à notre passage. Aucune trace de ce pseudo-guide... On poursuit notre errance. Je propose d'aller tenter notre chance au terminal terrestre pour trouver un véhicule qui nous conduise au canyon. On verra au retour pour se faire reprendre dans l'autre sens. Pas si simple : une agence de transport nous explique que personne s'arrêtera pour nous sur la route. Ce qui signifie qu'il nous faut un véhicule privé qui nous amène, nous attende et nous ramène. Or pas un seul taxi dans ce bled rempli de moto-taxi et de vélo... Cherchez l'erreur...

Grosse activité dans le village, attention !

Rester au lit et regarder la télé : y'a plus que ça à faire
C'était parti pour des heures d'attente dans ce village où on continue de nous regarder de travers, quoiqu'on fasse et oú qu'on aille. Je me suis rappelé des paroles de Mateo à Cabanaconde, qui nous expliquait que certains endroits du pays étaient "anti-blancs". Je crois qu'on venait de tomber dans l'un d'eux. Rarement me suis-je senti aussi mal à l'aise en voyage, avec cette impression d'être un élément perturbateur et non désiré. On s'enferme donc dans l'hôtel, ne ressortant que pour dîner. Le lendemain matin on ne tarde pas à partir en quête d'un bus pour quitter la ville. Il ne passera qu'à 14h... D'ici là, près de quatre longues heures d'attente dans le terminal à entendre brailler les rabatteurs des collectivos. Quel soulagement lorsqu'on monte enfin dans le bus... Un conseil aux voyageurs : évitez Ayaviri ! Et évitez de vouloir faire des trucs le dimanche aussi !

Même pour partir il aura fallu attendre...

Le terminus de la route et la zone d'entrée du site de Sillustani

Une vigogne, version miniature de l'alpaga
Notre dernière journée autour de Puno. Après la ville même et l'île de Taquile, nous avons décidé d'aller aujourd'hui faire des images sur le site de Sillustani où se concentrent plusieurs chullpas, autrement dit d'anciennes tours funéraires à l'intérieur desquelles la noblesse pré-colombienne enterrait ses dignitaires. Depuis les espagnols sont passés par-là et on détruit plusieurs d'entre elles pour en extraire sans vergogne les richesses. Heureusement, le travail des archéologues a permis une partielle reconstitution, ce qui nous permet d'admirer la précision du travail de ces architectes de jadis, qui fait encore jaser parmi les cercles de spécialistes. En effet, on peut quand même se demander avec quelle technologie les habitants de l'époque ont réussi à tailler, puis hisser puis imbriquer entre elles des pierres de plusieurs tonnes.

Première interview du voyage ! Mon espagnol s'améliore !

Mimi devant l'une des chullpas du site

Ce qui reste de la chullpa du lézard, haute de 12m
On se rend sur le site avec les moyens du bord : collectivos pour Juliaca qui nous dépose au milieu de nulle part, puis un second collectivo jusqu'à l'entrée du site. Tarif : 6 soles par personnes, puis 12 pour accéder à Sillustani. Le matin est une période favorable pour la visite car la lumière est encore douce et les touristes peu nombreux. Ce qui nous permet de profiter de ce plateau juché juste au-dessus du superbe lac Umayo, au centre duquel trône un île circulaire en forme de table - ici on parle de mesa. Sur cette île se tient une réserve de vigognes, cousine plus chétive de l'alpaga et du lama. Nous l'apprenons du petit Alejandro qui lui passe sa journée sur l'autre rive pour que les touristes photographient la vigogne qui l'accompagne. Un p'tit gars avec qui je discute assez longtemps.

Le détail de la tour du lézard qui lui a donné son nom

Ça par contre c'est un alpaga, bien nourri et pas content on dirait ! Il voulait
peut-être se faire payer pour la photo !

Ce n'est pas parce qu'on réalise un film qu'on est obligé de se prendre
au sérieux, non ? Admirez au passage la taille du bloc...
On fait également la connaissance de Nestor, un employé du site chargé de son nettoyage. Habituellement il allume sa radio pour que la journée passe plus vite. Mais ce jour-là, mon trépied et ma caméra l'intrigue et il vient nous parler. Tout heureux de trouver des touristes qui parlent espagnol et qui acceptent de discuter avec lui, il laissera sa radio éteinte et passera une bonne partie de la journée avec nous. Une bonne rencontre et un personnage avec qui on passe du bon temps. Il a le même âge que moi et a déjà cinq enfants ! Je le sens presque triste de nous voir partir en début d'après-midi.

Photo en amoureux avec le lac d'Umayo et son île en toile de fond

Les chullpas destinées aux femmes sont bien différentes et ressemblent
plutôt à des termitières !

On a pris Mimi pour le rôle de l'étalon de mesure des pierres !
Pour le retour, on se tape pour commencer quatre kilomètres à pied. Pas moyen d'en trouver un dans notre sens. Il n'y a que les mini-bus des agences qui nous passent sans s'arrêter. Peu avant le village d'Atuncolla, un taxi vide qui vient en sens inverse nous dit de monter, qu'il va juste chercher des gens plus loin avant de repartir vers le carrefour. Tu parles ! Il nous ramène quasiment à l'entrée du site ! On a marché pour des prunes ! En plus, au final , il nous extorque 2 soles alors que tout le monde en paye qu'une. Je le lui fais remarquer, ajoutant que ce n'est pas normal et pas sympa. Autant parler à un mur... On grimpe ensuite dans un bus qui passe par-là et nous voici de retour à Puno ! Demain on part vers le nord avec peut-être pas moyen d'avoir internet d'ici à Cusco. Donc pas d'inquiétude !

Dav et Nestor pour une dernière photo avant de se dire au-revoir

Les vaches dans l'eau croupie nous ont fait rapidement penser à une image
de yacks dans les rizières d'Asie.

Pendant les quatre kilomètres de marche au milieu de nulle part
Un nouveau réveil matinal hier, afin d'être sûr d'arriver dans les premiers à l'embarcadère. On se passe de taxi histoire de faire des économies et puis ça nous nous réveille de marcher. Notre nouvelle stratégie budgétaire est de mettre dès le matin dans notre poche le budget journalier afin de vérifier qu'on ne le dépasse pas. Sur le port, les rabatteurs se jettent sur nous comme des mouches sur ce que vous savez. Méthode brutale qui me fait tous les envoyer sur les roses. On va de nous-mêmes chercher nos billets à la capitainerie, ce qui nous permet de bénéficier d'un tarot somme toute inférieur à ce que j'envisageais. Parfait. Et c'était parti pour plus de trois heures de navigation sur les eaux du lac Titicaca. On fait une brève pause sur les îles Uros, véritable mascarade pour touristes. On attend beaucoup mieux de Taquile.

La valse des barques sur le lac Titicaca

Mimi en action sur la proue du bateau
A l'arrivée, on est directement pris en charge par la famille du capitaine du bâteau qui dispose d'un hébergement. On est accompagné d'Alexandre, un étudiant grenoblois qui achève ici un voyage express de seulement quinze jours. Ensemble nous suivons notre jeune guide Julietta dans l'escalier de 533 marches qui conduit au village principal. Nous serons les trois seuls à l'hospedaje où il faudra négocier sec pour arrondir le prix des repas, proposés chacun à 15 soles ! C'était moitié moins en 2006 d'après le bouquin de Greg ! Au final, on paiera 30 soles tout compris : la nuit, le déjeûner, le dîner et le p'tit déj. L'ensemble est bon mais frugal et ne méritait en tout cas pas les 15 soles annoncées !

Folklore de pacotille aux îles Uros avec un groupe de français chantant à tue-tête
"Hissez haut" de Hughes Auffray... La honte...

Mimi et Julietta devant l'une des nombreuses arches de Taquile
ouvrant sur l'immensité du lac Titicaca
On fera deux balades d'ici au retour à Puno. La première nous verra monter au sommet de l'île, juché à 4074m d'altitude ( premier 4000m de Mimi ! ) pour assister au coucher du soleil sur le lac Titicaca. La seconde, ce matin, jusqu'à la péninsule opposée de Taquile, par d'agréables chemins dallés traversant un bel ensemble de terrasses agricoles. Les habits traditionnels des hommes et des femmes déparent. Tous sont en permanence occupés à tricoter leurs habits avec de la laine fabriquée et teinte ici-même. Il y a néanmoins beaucoup de touristes et, en dépit d'un accueil cordial, on sent une certaine difficulté à aller plus loin dans la relation, nécessairement dominée par l'argent. Mieux que l'Isla del Sol en 2007 mais finalement assez décevant. J'échoue d'ailleurs complètement à prendre les gens en photo à cause de cette sempiternelle histoire de payer pour avoir leur portrait.

Paysage de l'intérieur de l'île avec les terrasses agricoles

Le point culminant de Taquile avec 4074m d'altitude. On jurerait pas !

Le coucher de soleil : un chouette moment avouons-le !
La seconde journée est longue. On sent que le cycle perpétuel d'arrivée de nouveaux touristes fait qu'on se déstintéresse assez vite de ceux arrivés la veille. Dommage. Le temps s'étire donc lentement dans l'attente du bâteau de retour et encore davantage dans celui-ci. On arrive à Puno à la nuit et on se met en quête d¡un hôtel à pas cher. Mission accomplie rapidement. Comme quoi trouver des chambres à 20 soles pour deux n'est pas si difficile que ça ! ( pour info on a volontairement omis de présenter dans ce billet les très belles photos que vous découvrirez plus tard dans le livre et lors de l'exposition )

Vue sur le côté opposée de l'île qui s'affaisse jusqu'à de petites plages

Alexandre et Dav, qui cela dit en passant se fait copieusement chier !
( ça se voit, non ? )
Nous quittons Ilo en début de matinée. Aucun problème pour trouver un bus en direction de Tacna puisqu¡il y en a toutes les 45 minutes. Nous parcourons les derniers kilomètres de la Panaméricaine puisque Tacna est la ville la plus méridionale du pays, à quelques kilomètres du Chili et à près de 1300 de Lima. Nous savons qu'il n'y aura pas grand-chose à y faire, aussi décidons-nous d'acheter nos billets le jour-même pour Puno. On galère un peu à trouver les compagnies desservant le lac Titicaca puisqu'il y a pas moins de trois terminaux sur Tacna. Après une courte négociation, je réussis à faire baisser de 10 soles le prix des billets : une bonne affaire ! Il est alors 14 heures, notre bus est à 18 heures. Nous partons manger et découvrir la ville.

La Plaza de Armas de Tacna avec une fontaine oeuvre de Gustave Eiffel

Vue sur l'église de Tacna : du bel ouvrage encore une fois

Embarquement immédiat ! Faites chauffer les machines !
Après de rapides séquences vidéo sur la Plaza de Armas où trône une arche en hommage aux héros de la guerre du Pacifique, c'est surtout dans une sorte de petit musée ferroviaire que nous passerons de bons moments. L'endroit est peu entretenu mais on y découvre des perles du 18ème siècle dans lesquelles on peut monter. L'atmosphère surrannée qui y règne évoque ces vieux westerns de Sergio Leone. En fin de parcours, on fait la connaissance d'Augusto, mandaté par le gouvernement provincial de Tacna pour gérer le site. Il nous délivre informations et anecdotes sur ces vieilles locomotives qui assuraient jadis les liaisons entre Tacna et Arica, au Chili.

Dav en pleine discussion avec Augusto sur le quai de la gare de Tacna

Mimi, voyageuse dans un wagon d'un autre temps

Et en chef de train dans la locomotive de la ligne Tacna-Arica
S'ensuit un voyage en bus nocturne long, froid et épuisant. Mes oreilles sont sur le point d'exploser après la diffusion sans interruption de trois films de kung-fu, dont les deux perlouzes de la série des Ong-Bak, c'est vous dire le niveau ! On arrive au lever du soleil à Puno et après avoir fait le tri parmi les rabatteurs qui nous prennent d'assaut dès la sortie du bus, on met le cap vers le Kolas Inn, un hôtel sans prétention où la nuit est à 30 soles et où on se recouche aussitôt. Fin de matinée, on fait l'effort de se lever pour aller manger et faire quelques images de Puno. J'avais oublié à quel point je n'aimais pas cette ville, sale, bruyante et bordélique. Je ne m'y étais pas senti vraiment bien en 2007 : c'est la même cette année. C'est cependant un point de passage obligé pour faire des images des îles du lac Titicaca. Aussi dès demain nous mettons le cap sur Taquile où nous passerons deux jours. Prochaines news d'ici trois jours donc !

Toujours aussi n'importe quoi les pédalos du lac Titicaca !

Les navettes du port de Puno en attente de passagers

Percy, notre sympathique chauffeur de moto-taxi

Au fait c'est ça un moto-taxi : un truc rigolo quoi !

La Plaza de Arma de Puno : inchangée en trois ans
Après un dernier petit-déjeuner à Moquegua, direction Ilo, à seulement 85 kilomètres de là. Il n'y a encore que du désert entre les deux villes, jusqu'à ce que la route bascule vers l'océan Pacifique, qui se dévoile soudain en-dessous de nous. A la descente, on ne se préoccupe pas de chercher un taxi et on part avec nos sacs à pied à la recherche d'un hôtel pas cher. Après quelques minutes, nous voici à l'hôtel Christian, un petit truc pas très reluisant mais tenu par une petite vieille affable qui nous fait payer 10 soles chacun la chambre. Autrement dit une misère. Vient ensuite la recherche d'un petit restaurant disposant d'un menu économique. Là encore on s'en tire pour 6 soles chacun.

Ruiz, mon pêcheur québeco-péruvien qui m'a ouvert les portes de la criée

Impressionnant comme un pélican parvient à se rétracter !

Les barques partent vers le large du port de Ilo
On peut enfin partir à la découverte de ce petit port de pêche, somme toute plus reluisant que ce que j'en attendais. En tout cas la promenade côtière est très agréable et bien mise en valeur. Je pars faire la connaissance de marchands de poissons dans le marché voisin avant d'explorer le port proprement dit. Une large jetée permet d'avoir un bon aperçu de son activité. Mouettes et pélicans tourbillonnent autour de petites embarcations qui vont décharger leur cargaison sur un quai plus éloigné. Des pêcheurs tentent de m'extorquer 40 soles pour une promenade en barque. Je rigole du prix proposé ! On a aussi la chance d'apercevoir quelques phoques qui sortent rapidement leurs têtes de l'eau en-dessous de nous.

Il y aussi les pêcheurs qui essaient de louer leur barque pour promener les gens

Vue partielle de la flotille de bateaux de pêche dans la rade de Ilo

La ville d'Ilo et son agréable promenade côtière
L'autre partie du port est en revanche interdite aux visiteurs. Dommage, c'était la plus impressionnante avec ses cargos porte-containers qui réceptionnent et transportent d'énormes chargements de cuivre et autres minerais en provenance des mines voisines. J'aurais beaucoup aimé faire des images de cette activité, mais sans autorisation, l'accès demeure refusé. En fin de journée, le temps se gâte. Un front froid venu du désert recouvre rapidement la ville et nous fait grelotter. Je range l'appareil et la caméra. Je tiens tout de même mes séquences pour le film. Demain nous reprenons la route en direction de Tacna, à la frontière du Chili.

La vieille locomotive qui trône dans le jardin d'enfants

Le phoque ! Le phoque ! C'est un vrai phoque quoi !

C'était pourtant marqué réservé aux enfants de moins de 7 ans...
Erreur d'appréciation hier au terminal d'Arequipa : j'avais regardé les horaires pour Moquegua et non pour Mollendo, ainsi qu'il avait été annoncé. Qu'à cela ne tienne, nous embarquons dans le bus qui sent l'urine de la compagnie Flores, en classe économique, et c'est parti pour quatre nouvelles heures de voyage. Ce dernier a d'ailleurs atteint des sommets dans l'épique : on a eu droit à non pas un, mais trois colporteurs ambulants, dont l'un a tenté de nous vendre des encyclopédies universelles en DVD. Cinq heures de programme sur chacun. Et pour nous prouver à tous que c'était passionnant, il les a diffusés dans le bus ! C'était parti pour des docus sur l'homme, les animaux, la vie mais super mal faits, avec des images des années 70, des animations pathétiques et un volume sonore insupportable... Pas fâchés d'arriver à Moquegua !

Les miss locales, lors d'une cérémonie à laquelle j'ai assisté ce matin
pendant que Mimi finissait de se réveiller

La ville de Moquegua, au milieu du désert, irriguée par le fleuve du
même nom qu'on devine grâce au vert en arrière-plan

Les jolies façades colorées des rues de Moquegua
On débarque sans trop d'infos sur la ville. Au milieu du bordel de la gare routière, on a de la chance de tomber d'abord sur un gentil monsieur qui nous tuyaute sur oú aller, puis sur un sympathique chauffeur de taxi qui nous aide à trouver un bon hôtel, économique et sûr. Ici l'ambiance est différente car les touristes sont rares, voire inexistants. On ne croisera pas un blanc en deux jours. Du coup, l'accueil est très chaleureux et les gens font preuve de beaucoup de curiosité à notre égard. En quechua, Moquegua signifie "lieu paisible" et c'est en se promenant le lendemain dans ses rues ombragées que l'on comprend pourquoi.

Détails des superbes balcons sculptés autour de la Plaza de Armas

Mimi sur un banc de la Plaza de Armas, le lieu incontournable de la vie locale

Pichets de jus de papaye pour 1,20 euros l'un !
On passe la journée d'aujourd'hui à tourner des images pour le film, en s'attachant à retranscrire la douceur de vivre locale ainsi que l'architecture et les couleurs très particulières des maisons. On se met au rythme de la ville en passant une partie de l'après-midi dans le joli parc qui a été installé au sommet d'une colline dominant la ville. Un entracte apprécié entre deux tranches d'aventure. Demain on va se rendre à Ilo, un port régional, pour faire quelques images du Pacifique de ce côté du Pérou.

Détente sur les bancs-balançoires du parc

Encore un pont suspendu, au-dessus de la ville cette fois !

Vue d'ensemble du petit parc aménagé au-dessus de la ville

Encore des couleurs délicieusement douces à l'oeil

Loin au-delà de la gorge du rio Huaruro, le soleil se lève

Mimi la pèlerine, sur son chemin de croix

La végétation du jour : aussi piquante que cuisante !
Au réveil, les courbatures de Mimi sont pires que la veille. C'est à peine si elle arrive à marcher. Elle traverse Fure d'une démarche claudiquante qui a dû faire sourire les rares villageois qui se sont intéressés à notre départ. Car les plus anciens ne semblent guère se soucier des gringos de passage. Seuls les jeunes semblent animés d'une volonté de changement, qui comprennent bien que le développement de leur pays passe par le tourisme. Mais la lutte est loin d'être gagnée dans ce pays très conservateur...

L'objectif du jour : l'oasis de Sangalle, encore bien 800m en-dessous de nous.

Une paysanne qui remonte le sentier avec son fardeau

Un petit peu de verdure dans le fond de ce canyon désertique
Les premières heures de marche sont laborieuses. Mimi ne se plaint pas mais je sais qu'elle en bave, appuyée sur un bâton de fortune. Heureusement l'ombre est avec nous une bonne partie de la matinée. A la mi-journée, les muscles ont pu un peu chauffer et on progresse un peu mieux. Cependant, lorsque l'oasis apparaît, plusieurs centaines de mètres sous nos pieds, le moral en reprend un coup. L'objectif paraît démesurément loin. On avance donc en se fixant des objectifs qui nous permettent de raccourcir la distance dans nos têtes. Mètre après mètre, nous nous rapprochons de ces piscines qui nous semblent nous appeler. Le soleil est à nouveau de la partie et le peu d'ombre disponible est procuré par de massifs cactus. La bouteille d'eau se vide vite mais notre gestion est meilleure qu'au premier jour et nous atteignons finalement exténué notre but.

Du désert jaillissent néanmoins de superbes couleurs au lever du soleil

Mimi et le cactus

Le canyon avec, dans le fond, les falaises du Cruz del Condor.
Au premier plan, notre chemin de descente qui zigzague vers l'oasis.
Autant dire qu'on ne se fait pas prier pour plonger dans la piscine. D'autant qu'il n'y a personne puisque les guides et leurs groupes n'arrivent qu'en fin de journée, lorsqu'il n'y a plus de soleil et que les piscines sont inutilisables. Dieu bénisse les voyageurs indépendants que nous sommes ! On convient tous les deux que, le lendemain, Mimi remontera les 1000m de dénivelé positif sur le dos d'une mule que nous louerons. Le départ est matinal puisque la montée s'attaque à 6h. Je regarde partir ma chérie sur sa mule tandis que je me mets au défi d'abattre l'ascension par mes propres moyens, en profitant que le soleil ne tape pas encore trop. Mon rythme efficace me permet d'en venir à bout en 2h30, dépassant des groupes de touristes à l'agonie. Je me félicite de faire de la montagne à la maison ! Du coup, on arrive tôt à Cabanaconde, ce qui nous permet de ne pas perdre de temps et de prendre le bus de 10h pour Arequipa où nous attend un repos bien mérité avant la suite du voyage !

Le Rio Colca qui se fraye un chemin dans le canyon, aux abord de l'oasis

Enfin la piscine ! Une récompense bien méritée pour Mimi ! et moi aussi !

Le moteur de Mimi pour ses jambes fatiguées ! Elles font un
sacré boulot ces mules quand même...

Je profite de monter à pied pour admirer le spectacle du lever du soleil
à l'intérieur du canyon.
Je me réveille aux aurores pour aller faire quelques photos. Le canyon est tellement haut que les belles lumières ne touchent que de lointaines crêtes à plus de 4500m d'altitude. Quand je regagne notre "chambre", Mimi grimace alors que se réveillent en même temps qu'elle de douloureuses courbatures. Sans oublier deux ampoules... On fait néanmoins de notre mieux pour partir rapidement et ainsi éviter les fortes chaleurs qui nous guettent en milieu de journée. La plupart des touristes quittent Llahuar pour se rendre directement à l'oasis de Sangalle. Seuls quatre israéliens se rendent comme nous à Fure. Le guide nous donne l'étape en 2h45 jusqu'à ce village. Quatre plus tard, on ne l'a toujours pas atteint...

Le soleil éclaire petit à petit les profondeurs du canyon de Colca

Opération rafraîchissement sous le pont suspendu de Llatica

Le petit hameau perdu de Fure, où nous passerons notre deuxième nuit
La chaleur retrouvée et le poids du sac nous clouent à nouveau au sentier, ceci étant dit magnifique. On évolue en effet en balcon au-dessus de la rive droite du Rio Huaruro que survolent les aigles et, plus rarement, le condor des Andes. Les villages que nous traversons paraissent déserts. Nous y croisons peu de gens. La pause déjeuner se fait sous l'ombre procurée par l'un de ces superbes ponts suspendus, jetés au-dessus du torrent. Les derniers mètres jusqu'à Fure sont les plus difficiles. Cernés par la fournaise, on progresse lentement, très lentement. Courageuse, Mimi jette ses dernières forces dans cette bataille et sait qu'elle n'ira pas jusqu'à la cascade. A l'entrée du hameau, sans électricité et isolé dans la montagne, nous sommes accueillis par la jeune et souriante Carina, qui nous invite à occuper l'une des chambres rudimentaires mises à disposition par sa famille pour les touristes de passage.

Mimi et Carina, qui nous a si gentiment accueillis à Fure

Sur le pont suspendu de Llatica

Plusieurs croix marquent l'entrée dans les différents villages
Je pars donc seul pour les trois dernières heures de marche en aller-retour jusqu'à la fameuse cascade. Avec un sac léger, je progresse beaucoup plus vite. Ça monte encore pas mal le long de la gorge. Je ne ressens la fraîcheur qu'une fois arrivé au pied de l'impressionnante chute qui entaille la falaise sur près de 150m. Sacré spectacle. Je ne m'attarde pas , pour revenir à Fure avant la nuit. J'y retrouve Mimi dans le lit. Ensemble, on ira manger avec Carina et sa soeur Veronica qui nous ont préparé un délicieux plat du cru. On est fatigué certes, mais on savoure cette soirée particulière, seulement éclairés par une petite bougie, au milieu des montagnes des Andes, en discutant et en rigolant avec nos hôtes. Un moment inoubliable. ( à suivre... )

Le repos de la guerrière

Sur le chemin de la cascade, un coup d'oeil vers Fure, au loin.

La chute de Huaruro

Position de Mimi à mon retour de la cascade







Quelle nuit, mais alors quelle nuit mes amis ! Couchés tot, on est d abord dérangé par un joueur de guitare nocturne, puis par les braillements des responsables de l hotel qui, ayant du malencontreusement fermer une porte et perdre la clé, s attelaient consciencieusement á la défoncer á coups de pieds et de tournevis ! Et ca a duré bien 40 minutes... Ensuite la discotheque voisine a démarré sa mélodie nocturne et ce jusque 5h du matin. Heure á laquelle le vieux grabataire de la chambre á coté s est réveillé... Je réveille donc Mimi pour lui dire qu on a qu á se lever maintenant et tenter notre chance de bonne heure á l aérodrome pour essayer de choper une place dans un avion.

Dans les brumes de l'aurore, le Cerro Blanco, plus haute dune de sable du
monde, gravie avec Dooby en 2007.

A côté de la route Panaméricaine, on distingue le géoglyphe de l'arbre
qui a manqué de se faire étêter par le bitume !

Le copilote en pleine manoeuvre de virage à droite. Attention l'estomac !

Mimi s'est vite trouvée une amie dans notre nouvel hospedaje
Rapidement on est sur place et on trouve une compagnie á qui il manquait précisément deux personnes pour compléter son vol. Le hic c est que les prix se sont envolés depuis 2007. Désormais le tarif syndical pour survoler les lignes est de 60 dollars auxquels viennent s´ajouter 20 soles de taxes d´aéroport. Pour répondre á une question précédemment posée, un sole vaut environ trois euros. Bref on s´en tire pour la somme exhorbitante de 390 soles pour deux, ce qui fait somme toute plutot mal au cul. Mais bon, au diable la déontologie, on est á Nasca et c´est impossible de passer á coté des lignes, patrimoine mondial de l´humanité quand meme, surtout quand, comme Mimi, on ne les a jamais vues. Etre venu d´aussi loin pour passer á coté aurait quelque chose de frustrant.

Un péruvien promène ses lamas autour de la Plaza de Armas

La statue de Maria Reiche, qui a consacré sa vie entière à résoudre
l'énigme des lignes

Deux de nos amis francais, croisés une fois de plus sur la Plaza de Armas

Petite vendeuse de glaces dans les rues de Nazca
Alors on embarque pour ces 35 minutes bien ficelées au-dessus de ces étranges symboles sillonnant l´immense pampa de Nazca. La recette est toujours efficace et j´ai enfin l´occasion de filmer ce trésor archéologique que j´avais découvert il y a trois ans. Ca passe tres vite et, déja, la responsable de la compagnie nous cueille a l´arrivée pour nous coller vite fait, bien fait, dans un taxi pour Nasca. Merci, au revoir et aux suivants ! Business is business ! L´apres-midi est bien cool ensuite. On commence par changer d'hotel pour se rendre dans une pension familiale a l'écart du bordel du centre. Un choix judicieux : on s'y sent tout de suite mieux ! Ensuite session photo dans la ville pour commencer à tirer quelques timides portraits. Le soir venu, un repas convivial avec un groupe de francais qu'on croise régulièrement depuis Lima. Peut-être les retrouverons-nous à Arequipa, où nous avons fait le choix de nous rendre ensuite. Tout dépend de si mon ami Edgardo rentre tôt demain ou pas...

La petite fille de notre second hôtel

Mimi en mode pilote et photographe

Devant notre petit avion, juste après le vol

Dav dans le rocking-chair fait maison de la terrasse de l'hôtel
C'était la journée bus aujourd'hui. La première d'une longue série à venir. Pour l'occasion, il a fallu se faire réveiller à 5h30. Je précise bien "se faire réveiller car, en fait, on n'a ni montre, ni réveil, ni portable pour disposer d'une alarme. Il y a eu un concert à Lima jusqu'à 5h du mat' c'est incroyable ! Les rues sont plutôt calmes le matin et le taxi nous conduit très vite au terminal de la compagnie Cruz del Sur, l'une des plus prestigieuses du Pérou. On s'en tire bien car j'ai réussi à négocier nos places en bus de luxe à prix cassés. Une économie d'environ 50 soles. Du coup, pour la première fois, je goute au confort dans un bus péruvien. On nous sert même un repas et on a droit à deux films intelligents !

Attente dans les locaux tout neufs de Cruz del Sur

Dans le bus, Mimi rigole encore parce qu'elle a pas encore la dalle...

Photo volée derrière la vitre teintée du bus du port de Paracas
Par contre la route est longue jusqu'à Nazca et la faim commence à se faire sentir. L'absence de nourriture met Emilie dans une colère noire et la rend particulièrement irritable. L'arrivée à Nazca se fait donc dans une ambiance tendue. En plus je n'arrive pas à retrouver la maison de mon ami Edgardo et nous voila obligé d'échouer dans un hôtel... Tant pis. On se met vite en quête de quelque chose à manger pour faire redescendre la pression... Les prix sont comme par hasard plus élevés dans ce lieu hautement touristique où débarquent les touristes à la pelle juste pour voir les lignes. Le soir, j'apprends par l'hôtel où travaille mon ami qu'il est absent jusqu'à dimanche soir. Pas de bol, je suis dégouté... A moins d'être encore là dimanche mais pas sûr... Du coup, on n'a guère eu de temps à consacrer aux images aujourd'hui. On tâchera de faire mieux demain...

La Plaza de Armas de Nazca

Et la petite Plaza Bolognesi

dans l'avion, juste avant de partir. c'est la que ca commence...

Il est drolement gros ce réacteur.
Avant de parler de la capitale péruvienne, il convient de revenir rapidement sur nos péripéties de voyage. On vous avait laissé a Sao Paulo, au Brésil, avec nos histoires de sacs perdus. Eh bien ils ont bien failli le rester. Ils ont été retrouvé in-extremis, alors qu'on se battait avec la compagnie Taca Airlines pour qu'ils nous délivrent la taxe d'aéroport hors-de-prix exigée pour notre départ. Vous n'imaginez pas l'énergie qu'il aura fallu dépenser pour se faire comprendre, courir a travers tout l'aéroport et enfin parvenir a monter dans notre avion, avec nos sacs... tout ca pour que le-dit avion soit finalement en retard... On arrive franchement épuisés a Lima. On ne prend meme pas le temps de négocier le taxi et on file vers ce bon vieil hotel Iquique pour filer au lit sans demander notre reste.

Ma 1ere papa rellena du voyage

Et la c'est ma 1ere auto-interview au Pérou !

La garde en pleine releve derriere les grilles du palais présidentiel
Le lendemain, on profite un peu de se reposer avant de se lancer a la découverte de Lima. Je décide de consacrer cette premiere journée au centre historique et a quelques quartiers voisins un peu plus populaires. La garua est toujours la, cette brume qui recouvre la ville et qui la rend toujours désespérément vide et froide. Le bordel aussi est toujours la : du klaxon, des cris, des voitures et des bus dans tous les sens... rien n'a changé au Pérou et ca fait bien plaisir. Pour l'heure, on se cherche a manger. D'ailleurs on va passer notre journée a manger : pas moins de trois repas ! Ensuite c'est un itinéraire en direction de la rue a touristes appelée le Jiron de la Union qui débouche sur la Plaza de Armas oú on prend le temps d'assister au quotidien des Péruviens, notamment la releve de la garde au palais présidentiel.

A quoi reconnait-on un chien péruvien ? A sa tenue bien sur !

Un indien en tenue traditionnelle a la sortie d'une cérémonie

Trois ans plus tard, ca bouchonne toujours autant a Lima !
Moins conventionnelle est la visite au Barrio Chino, le Chinatown du coin, ainsi qu'aux quartiers commercants qui le bordent. Nous voici au coeur du vrai Lima, a l'écart des touristes qu'on ne croise d'ailleurs plus. Ici tout est permis, y compris soulever sa jupe et pisser sur les murs comme nous le démontre une brave mamita ! On réalise ensuite quelques images de la pagaille automobile au niveau de la Plaza Grau, avant de regagner l'hotel, un peu fourbu de tous ces kilometres a pied mais néanmoins bien contents de cette premiere journée. Nelly, la patronne de l'hotel, nous convie a une amicale collation a notre retour. De quoi passer le genre de moment convivial avec les péruviens dont on raffole. Demain, suite de la visite, avec de nouvelles photos. (a suivre...)